Kif Kif ...

Publié le par Matlatomat

On se croirait aux présidentielles ...
Sondagetaux-copie-1.JPG
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Francois Guillet 03/10/2007 19:14

Une fois la calculette sortie, je me permets de reprendre les chiffres donnés par M. Guillaume.

Consommation annuelle française : environ 500 TWh.
Production éolien 2 000MW, soit 2GW. Une éolienne fonctionne pendant l'équivalent de 2000 heures, chiffre communément admis. Soit une production de 4TWh. La production est donc de moins de 1% de la consommation française.... Présenter cette production en terme d'électricité domestique est certes flatteur mais bien trompeur.

François Guillet, Vent de Raison.

Francois Guillet 03/10/2007 18:59

addendum : dans le dernier paragraphe, j'entends par nature l'environnement que nous partageons avec les oiseaux cités. En clair, nous estimons notamment que des éoliennes à 750m des habitations ne respectent pas les conditions de vie des riverains.

Francois Guillet 03/10/2007 18:55

Je trouve ce commentaire curieux, pour ne pas dire déplacé. Il porte le débat à un niveau national, alors que la portée en est ici surtout locale. Mais soit : sur le plan national, J.-M. Jancovici (http://www.manicore.com/), que l'on ne peut accuser de céder aux différents lobbies, a dit dans l'émission C dans l'air : "l'éolien correspondrait pour une entreprise confrontée à de graves difficultés financières à faire des économies sur les trombones", ce qui résume parfaitement l'apport de l'éolien à l'avenir de la planète.

Mais parlons local : le projet se situe sur un espace Natura 2000 comportant des espèces d'oiseaux protégées. La DIREN a émis par deux fois un avis défavorable, ainsi que, sauf erreur de notre part, la LPO. Le bon sens voudrait que l'on monte le parc ailleurs afin de ne pas perturber lesdites espèces. Mais cela n'empêche pas M. Guillaume de continuer à porter ce projet car, dit-il à ce sujet "rien ne le lui interdit".

Mais bon sang, mais c'est bien sûr : l'outarde canepétière et l'oenicdème criard oeuvrent pour les lobbies nucléaires et pétroliers. Merci de nous ouvrir les yeux !

Soyons un moment sérieux. L'apport de l'éolien est anecdotique aux égards du bénéfice apporté. Certains diront que c'est toujours ça de pris. C'est une vision des choses, la nôtre consiste à dire que les finances ne sont pas extensibles et qu'à budget donné il vaut mieux investir dans l'isolation, les pompes à chaleur, le bois, la biomasse, le solaire bref, dans du renouvelable à la fois vraiment respectueux de l'environnement et apportant un réel bénéfice. Nous ne sommes ni "nimby" ni "banana" : nous sommes responsables. Je le dis tout net : si nous n'étions pas convaincus de l'imposture actuelle de l'éolien industriel qui s'impose à coup d'euros sans plus de considération pour la nature que celle à laquelle l'état l'y contraint par le biais du permis de construire, alors notre association n'existerait pas.

François Guillet, Vent de Raison.

rouby 02/10/2007 13:18

Et il vent quoi le Monsieur GUILLAUME?

Laurent GUILLAUME 02/10/2007 10:00

« Vents de Colère » et la « Fédération Environnement Durable » luttent en France avec
acharnement contre le développement de l’énergie éolienne. Quelle est l’histoire de ce
mouvement d'opposition ? Quels sont leurs arguments et leurs méthodes ? Et à qui
cela profite-t-il ?


Le mouvement anti-éolien est né en Grande-Bretagne avec « les gardiens de la
campagne » (Country Guardian), avec des financements des lobbies du charbon et du
nucléaire. Il a essaimé de l’autre côté de la Manche, en Seine-Maritime (comme par
hasard département nucléophile), avec l’association « Bien vivre en Caux »,
aujourd’hui disparue (les temps changent et l’éolien n’y fait plus peur).
VC et la FED sont avant tout des associations nimbystes (Not In My Back Yard) : pas
d’éoliennes derrière chez moi, voire très souvent pas derrière ma résidence
secondaire.

Le mouvement anti-éolien rassemble ainsi les protecteurs des vielles
maisons de France ; il suffit de découvrir les noms des présidents des associations
rassemblées dans le G8 pour comprendre que ces « chez moi » ne concernent pas
vraiment la résidence principale de Monsieur Tout le monde.


VC et la FED ont ensuite habillé leurs motivations nimbystes de tout un discours sur les
supposés méfaits de l’énergie éolienne, son inefficacité et sur les méchants
promoteurs des éoliennes. Extraits et réponses ci-après.

L’argumentaire a commencé par des affirmations malveillantes, mais surtout
absurdes : les éoliennes déclencheraient le cancer du sein, feraient fuir les chevaux,
cailleraient le lait des vaches et autres élucubrations. La méthode appliquée, très
analogue à celle de certains populistes, repose sur le principe du « plus c’est gros, plus
ça marche ! ». Mais ces arguments n’ont pas résisté très longtemps au bon sens des
riverains potentiels. Surtout là où des éoliennes ont été installées, et où les curieux de
toute nature les ont visitées. Les enquêtes réalisées par l'ADEME montrent d'ailleurs
que lorsque l’on habite pas très loin des éoliennes (et qu'on les connaît donc mieux) on
en a eu une meilleure appréciation.

Sont alors apparus des arguments pseudo-techniques : les éoliennes auraient un
mauvais rendement ou les éoliennes consommeraient plus d’énergie pour leur
fabrication qu’elles ne produiraient pendant toute la durée de leur fonctionnement. Mais
les éoliennes ne gaspillent pas de combustible, au contraire des centrales thermiques
dont le rendement (principe de Carnot oblige) culmine à 35% (!), et les éoliennes
« remboursent » l’énergie nécessaire à leur fabrication en moins d’un an, soit
beaucoup mieux que les centrales thermiques. Ces pseudo-arguments ont finalement
été eux aussi abandonnés.

Dans le même registre, ces associations inversent les relations de cause à effet pour
attaquer l’énergie éolienne. Par exemple, elles disent que c’est parce qu’il y a
beaucoup d’éoliennes en Allemagne que ce pays émet beaucoup de gaz à effet de
serre, alors qu’en réalité, c’est justement parce qu’il y a trop d’émissions de gaz à effet
de serre dans ce pays qu’il a décidé de développer l’éolien. C’est ainsi que certains
vont jusqu’à croire que les éoliennes produisent du vent comme des ventilateurs, alors
que c’est le vent qui actionne les pales des éoliennes…

VC et la FED se cachent également derrière les économies d’énergie ou le
développement des autres énergies renouvelables pour refuser l’éolien « industriel »,
dans le style "au lieu de financer de l'éolien inutile et moche, on ferait mieux de soutenir
le solaire et les économies d'énergie". Mais ce ne sont que des mots et les actes se
font attendre.

On n’a jamais vu ces associations organiser des achats groupés de
chauffe-eau solaires. Jamais on ne les a entendu promouvoir les ampoules basse
consommation ou les appareils électroménagers de classe A.

Dans ce registre, le nom même de la Fédération Environnement Durable est édifiant et une véritable imposture.
L’utilisation de ces termes est malhonnête et vise évidemment à entretenir la confusion
entre des objectifs de développement durable qu’on pourrait supposer et les véritables
visées de la FED, qui sont l’opposition systématique au grand éolien.

VC et la FED opposent les énergies renouvelables entre elles, alors qu’elles sont
complémentaires dans l’espace et dans le temps, alors que certaines sont stockables
et d’autres pas. Ils défendent le principe du petit éolien contre le grand éolien. Mais le
petit éolien ne remplacera jamais le grand éolien, tous les professionnels le
reconnaissent. Une éolienne industrielle d’aujourd’hui (50 à 80 mètres de diamètre)
couvre en moyenne les besoins électriques domestiques de 1 000 à 2 000 personnes ;
pour la remplacer, il faudrait installer 200 à 400 petites éoliennes, dans des zones
souvent habitées avec leurs possibles nuisances sonores et leur présence visuelle
certaine. Le soutien de VC et de la FED n'est d'ailleurs que formel : leurs sites web ne
renvoient pas sur des vendeurs de petit éolien...

En France, près de 300 parcs éoliens produisent de l'électricité (2 000 MW mi-2007
soit l'électricité domestique d’environ 2 millions de personnes). Certains parcs sont,
certes, moins exemplaires que d’autres. Et VC et la FED, à partir d’un exemple de parc
mal conçu, d’un dysfonctionnement, ou de photos de parcs américains des années 80,
généralisent ces problèmes à toute la filière en affirmant que l’éolien ne se fait pas
dans la concertation, que les éoliennes cassent les oreilles des riverains, que les
éoliennes portent atteinte au patrimoine... Pour VC et la FED, les exceptions sont la
règle et la grande majorité des parcs, qui sont de qualité, est ignorée… c’est de la
grossière manipulation !

VC et la FED jouent sur la peur de l’inconnu, de la nouveauté. Le plus souvent, les
associations anti-éoliennes éclosent là où les éoliennes sont absentes. Les
associations annoncent la fin de la vie quotidienne telle qu’on la connaissait avant les
éoliennes, et trouvent quelques échos. Mais là où des éoliennes tournent, ces
associations anti-éoliennes ne rassemblent que quelques individus. C’est là encore un
des procédés utilisés par les extrémistes : jouer avec la peur de ce que l’on ne connaît
pas.
La nouvelle stratégie de VC et la FED est de nier toute utilité de l’éolien.


L’éolien mettrait en péril la balance des paiements de la France : VC et la FED utilisent
la peur de l’autre. La mondialisation a probablement bien des défauts, mais il faut voir
ses qualités lorsqu’elle propose des solutions à la pointe du progrès pour lutter contre
les émissions de gaz à effet de serre. D’après VC et la FED, la France peut vendre des
centrales nucléaires et des avions en Chine, mais surtout pas acheter d’éoliennes chez
nos partenaires allemands, danois ou espagnols.

La malhonnêteté va plus loin encore : l’éolien serait intégralement responsable du
surcoût pour le consommateur de la CSPE (une nouvelle ligne sur nos factures
d’électricité) ; alors qu‘il n’en représente qu’environ 5%, le reste étant dû au surcoût de
la production d’électricité en outre-mer, au dispositif en faveur des personnes en
situation de précarité, etc.

Surtout, d’après VC et la FED, l’éolien ne participerait pas à la réduction des émissions
de gaz à effet de serre mais les aggraverait. L’accusation est grave... et mensongère !
Tout nouveau kWh éolien produit aujourd’hui remplace évidemment un kWh qui, sinon,
aurait dû être produit par une centrale thermique (hydrocarbures, charbon,
nucléaire…). C’est RTE, gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité, qui le dit.
Au contraire, la France ayant pris l’habitude de produire des kWh peu émetteurs de
gaz à effet de serre, les solutions qui s’offrent à nous pour continuer sont limitées et
passent inéluctablement par l’éolien.

Ces détracteurs reprochent à l’éolien d’être une énergie à production intermittente.
Mais, paradoxalement, ils se déclarent promoteurs d’autres énergies renouvelables
comme le solaire… qui n’est pas moins intermittent ! Ceci dit, cette intermittence de
l’éolien est prévisible, tout comme la variation de nos consommations ; ajuster la
demande à l’offre est le travail quotidien de RTE, rien de vraiment neuf ! Qui plus est il
n’y a jamais de panne de vent sur un grand pays comme la France soumis à trois
régimes climatiques différents.

Leur discours contient le postulat sous-jacent que l’éolien va remplacer toutes les
autres énergies ; c’est faux mais cela leur permet de faire peur une fois encore ! Et
c’est révélateur d’une culture franco-française de la mono-énergie. Alors que les temps
sont à la diversification.

Dans un passé récent, VC et la FED ont défendu l’éolien en mer contre le terrestre.
Aujourd’hui que les projets offshore se dessinent plus précisément, VC et la FED se
retournent contre l’éolien en mer et présentent leurs arguments anti-éoliens aux
utilisateurs de la mer pour empêcher le développement de ces projets. Il faut dire que
les parcs offshore sont d’une puissance supérieure à celle des parcs terrestres, et leur
production à prévoir également. La production éolienne devient alors très significative,
contredisant les propos des anti-éoliens sur la marginalité de cette énergie. C’est donc
bien une lutte systématique contre l’éolien, sur terre ou en mer, quelle que soit la
qualité des projets qui conduit ces associations.

Enfin VC et la FED cherchent à montrer que l’éolien sèmerait la zizanie dans nos
villages gaulois, une raison de plus pour le refuser. Mais qui sème la zizanie avec des
arguments mensongers et caricaturaux ? Pourquoi VC et la FED viennent-il chahuter
les réunions de concertation pour empêcher de fait le dialogue ?


Alors à qui profitent les gesticulations de VC et de la FED ?
Pas à la collectivité en tout cas, ni à la Planète…
A l’industrie nucléaire ? La thèse du complot ne résiste pas à l’observation
quotidienne : les industriels du nucléaire (comme Areva) sont bien trop occupés et
intéressés à investir dans des fabricants d’éoliennes, un marché mondial nettement
plus fort.

Il s’agit plutôt de quelques individus, chauffés par leur passage sur les ondes et sur les
écrans. Certains médias adorent surfer sur les conflits et privilégient des débats
superficiels sur l’éolien à des débats de fond sur la crise énergétique et
environnementale actuelle. Ils savent que Vent de Colère, la Fédération
Environnement Durable et leurs représentants tireront à boulets rouges sur tout ce qui
bouge, même si c’est à coup d’inexactitudes et de contre-vérités.

21 septembre 2007